Depuis la rive sud de la Loire, près du village de Chênehutte, Damien Rochier aperçoit à travers sa longue-vue un jeune héron cendré qui quitte son nid. Il doit avoir trois bonnes semaines , estime-t-il. Chargé de mission pour la Ligue de protection des oiseaux de l’Anjou, il observe depuis le début de l’été les populations d’oiseaux migrateurs qui prennent leurs quartiers sur les grèves de Loire.
Du mois de juillet jusqu’en novembre, le plus long fleuve de France voit passer de nombreuses espèces qui rejoignent leur habitat hivernal depuis leur aire de nidification. Ce sont les migrations postnuptiales, qui ont lieu après la période de reproduction. Et parmi ces oiseaux de passage : les limicoles, de petits échassiers qui vivent près des vasières. Le bécasseau variable, le chevalier guignette ou encore le grand gravelot font partie de cette catégorie d’espèces.
Présents aux Pays-Bas, en Scandinavie et en Russie depuis le printemps, les limicoles volent vers leurs quartiers d’hiver : le littoral atlantique, la péninsule ibérique ou encore l’Afrique occidentale. Sur ces trajets longs de plusieurs milliers de kilomètres, certains s’arrêtent quelques jours en bords de Loire. On voit que c’est un haut lieu de halte migratoire pour cette variété d’oiseaux spécifique , explique Damien Rochier.
Ils profitent des bancs de sable avec la création de vasières, riches en alimentations, poursuit-il. Dans le cycle biologiq...
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